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Le sol, un tissu vivant
Le principe que nous avons adopté dans nos vignes est d’entretenir ce tissu vivant qu’est le sol en le préservant des agressions que constituent l’utilisation des herbicides, des pesticides, des engrais N, P, K et l’érosion par les pluies. Ceci pour que les vers de terre et tous les autres organismes puissent vivre en harmonie avec la vigne. Pour ce faire, l’élément limitant est la matière organique. Nous la fournissons par du mulch obtenu en fauchant régulièrement l’enherbement entre les rangs. Nous entretenons aussi une classe de bactéries très utiles qui vivent dans les nodosités racinaires des légumineuses (azotobacters). Ces bactéries transforment entre autres l’azote de l’air en nitrate pour les besoins de la vigne. Ces légumineuses (du lotier corniculé) sont plantées directement sous les rangs et ne sont pas fauchées. Elles empêchent la mauvaise herbe de s’installer sous le rang par des mécanismes d’allélopathie (voir photos). Dans un sol sain, tous les micro-organismes travaillent au service du vigneron. Pour en savoir plus (voir aussi notre Cours sur le sol) Les plantes (la vigne) puisent leur nourriture dans le sol qui n’est pas seulement une structure inorganique, mais bien un tissu vivant et complexe. Un sol sain peut contenir jusqu’à 0.3 kg/m2 de vers de terre sur 30 cm d’épaisseur, sans compter tous les organismes macro- et microscopiques qui vivent ensemble en pleine harmonie (ils se mangent entre eux bien sûr, pour maintenir un équilibre des populations). Ces organismes sont essentiels pour les plantes car ils apportent des nutriments que la plante ne peut fabriquer (éliciteurs, molécules organiques) ou qu’elle a de la peine à capter elle-même (les minéraux par exemple). Inversement, certains organismes ne peuvent vivre en l’absence de certains végétaux (symbiose), chacun étant nécessaire à l’autre pour être en parfaite santé. Autre exemple, l’ensemble des vers de terre dans un sol sain peut fournir jusqu’à 30 kg d’azote /hectare, ce qui est amplement suffisant pour bien des cultures, comme la vigne (voir le site spécialisé sur les vers de terre http://www.regenwurm.ch . De plus, le ver de terre, par ses va-et-vient dans le sol, mange la terre au fur et à mesure et l’excrète sous forme de fientes extrêmement riches en engrais naturels. Il brasse, aère et amène des nutriments profondément dans le sol pour nourrir des microorganismes enfouis au niveau des racines de la plante. Ainsi, sur 100 m2, l’ensemble des vers de terre avalent et régurgitent 3 tonnes de terre par an! Quel amendement ! Par comparaison, un sol en agriculture intensive a perdu pratiquement tous ses habitants, tués par l’utilisation d’engrais, herbicides et pesticides. Le nombre de vers de terre dans ces sols est une centaine de fois moins élevé que dans un sol sain. Il est clair que les plantes peuvent vivre en se contentant d’engrais synthétiques (azote (N), phosphore (P), potassium (K) plus quelques oligoéléments), c’est la culture hydroponique que l’on retrouve dans les serres. Cependant, ces plantes sont (i) fragiles vis-à-vis des maladies et nécessitent beaucoup de traitements chimiques. Par ailleurs, elles sont (ii) dénuées de goût et d’arôme. En viticulture, on a des problèmes similaires. La vigne est plantée sur des terrains bien exposés, mais pauvres, et on rajoute de grosses quantités d’engrais N, P, K pour la faire pousser. Donc on ne peut plus se référer à la notion de terroir puisque la plante va utiliser les engrais que le viticulteur lui fournit et non ceux présents dans le terroir. La terre du domaine La couleur, la structure et la complexité aromatique des vins d’un même cépage sont significativement influencés par la nature du sol et du sous-sol. Le vignoble de Vens-le-Haut se trouve sur une faible épaisseur de terre végétale qui recouvre une fine couche d’argile graveleuse, une fine couche de molasse sableuse, puis la roche-mère molassique. Cette structure permet aux plants de vigne de profiter de la faible humidité de la molasse. On est bien loin des terres argilo-calcaires de la plupart des régions de France. Notre terre est maigre naturellement, ce qui confère à nos vins leur spécificité propre et unique. La terre est sablonneuse et molassique. Les sédiments formant la molasse et le sable de la terre proviennent de la mer chaude qui recouvrait une grande partie de la région rhodanienne il y a 135 millions d’années et dans lesquels on trouve des dents de requins fossilisées et d'autres fossilles (rostres, fougères, amonites, cf. photos). Par endroits, des anciens récifs coralliens (Bellegarde, côté Ain du Rhône, etc.) ont amené du calcaire (carbonate de chaux formé de coraux encore visibles, à certains endroits. Donc, il n’y a pas un mais des terroirs seysselands. Par conséquent, il devrait y avoir des vins très différents d’une parcelle à l’autre. Mais ce n’est pas le cas en raison de l’utilisation massive d’engrais.
L'exposition Situé au pied du Mont des Princes, à 360 m d’altitude, notre domaine est très ensoleillé. Il domine le Rhône au sud-ouest, à l’extrême sud de la Haute-Savoie, au point le plus bas du département (plus bas que Genève). Les parois rocheuses du Mont des Princes jouent un rôle de réservoir de chaleur et offrent à cette micro-région la flore et la faune particulières aux contrées méditerranéennes, comme en témoigne la présence des amandiers sauvages ainsi que, l’été, le chant des cigales. |
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