L'enherbement

L'emploi des plantes de couverture du sol répond à trois priorités : la lutte contre l'érosion, la maîtrise de l'enherbement naturel (adventices trop hautes, trop envahissantes, difficiles à contrôler qui étoufferaient rapidement le vigne) et la préservation de la biodiversité de la faune et flore microscopiques du sol qui vivent en association avec la vigne.

Le fait que nous ayons renoncé à l’utilisation d’herbicides nous conduit à lutter contre les « mauvaises herbes » trop envahissantes, difficiles à éliminer ou à contrôler. Actuellement nous désherbons la vieille vigne par fauchage avec le fil (débroussailleuse).

Les nouvelles plantations, beaucoup plus fragiles et plantées sur une grande surface, doivent être traitées différemment. La technique que nous avons développée est de planter sous le rang une légumineuse poussant à très faible hauteur (10-15 cm de hauteur, n’empiétant pas sur la vigne), résistante à la sécheresse, poussant sur un sol pauvre, pouvant se ressemer d’elle-même et faiblement compétitive avec le développement de la vigne. L’espace entre les rangs est laissé à un enherbement avec les espèces locales (voir photos ci-dessous).

Fleurs de lotier
Plants de lotier
Lotier sous le rang d’une vigne de 2 ans


Les nodosités racinaires
Nous avons choisi le lotier corniculé (lotus corniculatus). C’est une légumineuse donnant des petits pois qui permettront la reproduction de la plante. Ses racines possèdent des nodosités (cf. photo) dans lesquelles vivent les azotobacters qui vont transformer naturellement l’azote de l’air en nitrates pour la vigne. Ce procédé, s’il est concluant, devrait s’auto-entretenir et nous dispenser de fauchage.


Les essais ont commencé au printemps 2006 sur une surface de 3500 m2 et au printemps 2007 sur 2800 m2.


Les oligo-élements

Les oligo-eléments, bien qu’ils agissent en quantités infimes, jouent un rôle essentiel dans l’activation de certains enzymes indispensables au bon fonctionnement du métabolisme de la vigne, et évidemment dans le mûrissement, la maturation du raisin et dans les mécanismes de défense contre les maladies. L’absence d’un seul oligo-élément peut être néfaste. Il s’agit principalement de Mg, B, Fe, Mn, Mo, Zn, mais d’autres encore plus rares sont nécessaires. C’est le rapport entre eux qui est important, et la forme sous laquelle ils sont administrés. La vigne est généralement plantée dans des terrains pauvres. Ceux-ci étant parfois carencés, cela provoque une anémie et un affaiblissement de la plante qui empêche un mûrissement parfait du raisin ou fragilise la vigne vis-à-vis de certaines maladies. D’où l’importance de veiller à l’analyse de ces carences et à y remédier.

Dans le cadre de cette étude, un cocktail d’oligoéléments rares est étudié afin de rendre la vigne plus vigoureuse et plus saine, et par conséquent de diminuer encore plus les traitements.